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Le 03/04/2018

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Evènements du 4 juillet 1985 : La Déclaration de l'Association des victimes de la repression

2011/9/17

REPUBLIQUE DE GUINEE

Travail-Justice-Solidarité

ASSOCIATION DES VICTIMES DE LA REPRESSION
A.V.R.
DECLARATION :

Trois génocidaires inconnus :
L’histoire de la Guinée depuis l’indépendance est caractérisée par l’exercice de la violence de l’Etat contre les citoyens au nom de la raison d’Etat.
Pendant la mise en application de cette politique de haine et de violence d’un Etat à l’encontre de ses citoyens, des hommes se sont illustrés dans cette guerre d’extermination du peuple.
Nous citerons le cas particulier de trois personnages qui se sont distingués dans les traitements cruels, inhumains et dégradants infligés aux victimes lors de l’extermination des malinkés en 1985.
Il est de notoriété publique que le commissaire de police Hervé Vincent Bangoura et le Lieutenant Sama Panival Bangoura ont inventé et programmé l’exécution du plan d’extermination de l’ethnie malinkée par la surveillance du mouvement des principaux cadres civils et militaires de cette communauté.
Nous avons déjà publié un document sur le rôle joué par le commissaire Hervé Vincent dans les purges politiques en Guinée. Il s’était rendu célèbre par la dénonciation du complot Kaman- Fodéba, par ses séances insoutenables de tortures au camp Kèmè-Bouréma à Kindia et en fin au camp Boiro en tant que membre du comité révolutionnaire.
C’est lui qui organisa le vol du sac du Ministre Diallo Tély au cours d’une mission de celui-ci à N’Zérékoré en sa qualité de commissaire de police de Macenta. En guise de récompense, il fut nommé Directeur de la sécurité d’Etat à Conakry. Dans un article intitulé : « Règlements de comptes à Conakry » publié par l’hebdomadaire Jeune Afrique, le journaliste feu Siradjo Diallo écrit : « Ancien commissaire de police bien connu pour son esprit retors et son zèle sous le régime de Sékou Touré, « Hervé » comme on l’appelle familièrement à Conakry, est un de ceux qui ont convaincu Lansana Conté de ne pas précipiter l’arrestation de Diarra Traoré et ses amis, dont assure-t-il, qu’il suit de près tous les faits et gestes depuis longtemps. « laisse-moi faire, aurait-il dit au Chef de l’Etat. Diarra n’est plus qu’un tonneau vide. Il fait du bruit mais il ne peut plus rien réussir ici. Il faut que nous le laissions se vanter. Au besoin, nous l’aiderons et le pousserons dans ses illusions jusqu’à ce qu’il se précipite lui-même dans le piège que nous lui avons tendu. Alors le piège se refermera et nous prendrons cet imbécile comme un vulgaire rat. »
Ce n’est qu’après avoir reçu ces assurances formellement données par Hervé Vincent Bangoura que le Président du CMRN s’est décidé à s’embarquer pour Lomé.
En tout, une centaine de personnes, civils et militaires, hommes et femmes, ont été ainsi appréhendés dans la plus grande confusion. Comme aux plus sombres heures du régime de Sékou Touré, le complot se traduira par des séries de règlements de comptes, d’amalgames et d’actes arbitraires. Les vrais comploteurs se trouveront côte à côte avec les innocents embarqués dans la charrette sans preuve, ni même présomption véritable de culpabilité, du seul fait de leur appartenance à l’ethnie malinkée, autrement dit aussi bien celle de Diarra Traoré que de Sékou Touré. Ou en raison de vieilles rancunes, datant du régime de ce dernier. Certains parmi les nouveaux dirigeants issus du coup d’Etat militaire du 3 Avril 1984, trouvent là, en effet, l’occasion rêvée d’assouvir des vengeances qui attendaient leur heure.
Les listes préétablies de suspects ont été minutieusement réactualisées au cours de plusieurs entretiens téléphoniques menés dans la nuit du 4 au 5 Juillet entre Hervé Vincent Bangoura, installé au centre des télécommunications de Wonkifon, dans la banlieue de Conakry et le Capitaine Faciné Touré, alors Ministre des affaires étrangères, parlant depuis la suite présidentielle N°2901 de l’hôtel du 2 Février à Lomé, où loge Lansana Conté ». Fin de citations.
A ce stade, la machine infernale de l’extermination de l’ethnie malinkée est mise en marche par un homme tristement célèbre, un tortionnaire qui vient de disparaître, laissant derrière lui des malinkés qui ont échappé à son plan machiavélique.
Qui était donc le chef de bataillon Alhousseini Fofana ?
Monsieur Siradio Diallo répond : « Nommé président de la commission d’enquête autour des évènements du 4 Juillet 1985, le Chef de bataillon Alhousseini Fofana est un technicien agricole formé en Bulgarie que Sékou Touré a, un jour, habillé en officier avec le grade de capitaine pour faire taire la grogne des soldats d’une brigade agricole installée entre Mamou et Kindia, qui n’entendaient pas être commandés par un civil. Comme ses prédécesseurs de la première République, lorsqu’ils présidaient nuitamment le fameux « comité révolutionnaire » siégeant dans l’enceinte du sinistre camp Boiro, ALhousseini Fofana cherchera moins à faire la lumière sur les évènements du 4 Juillet qu’à torturer et à humilier les accusés. Au demeurant, la plupart d’entre eux étaient arrivés dans un piteux état, après avoir subi de graves sévices, soit à l’occasion de leur arrestation, soit au cours de leur transfert alors qu’ils étaient sauvagement attachés avec des cordes de commando, quand ce n’était pas avec des fils de fer souvent rouillés. Certains succomberont à leurs blessures dans la cour même du camp avant d’être conduits à leurs lieux de détention, comme le Colonel Idrissa Condé. D’autres mourront dans les jours qui suivront à la suite de gangrène, de faim ou de déshydratation. Les plus résistants seront torturés sous les ordres directs de Alhousseini Fofana et du commandant du camp Alpha Yaya, Camara Fodé Komoya.
Le Président de la commission d’enquête ne se contentera d’ailleurs pas de frapper, d’humilier et de priver de nourriture les détenus. A l’instar des pratiques en honneur sous le régime de Sékou Touré, Alhousseini Fofana établira des listes de personnes considérées par lui comme étant dangereuses pour le régime et qu’il convient, par conséquent, d’arrêter à l’occasion de cette chasse aux sorcières. Parmi les personnes ainsi visées se trouvent des officiers de l’armée et de la gendarmerie, « oubliés » selon lui à tort lors de la première vague d’arrestations, d’anciens responsables du régime de Sékou Touré libérés en Mai 1985, des guinéens rentrés au pays après plusieurs années d’exil et même d’autres résidants encore à l’étranger qu’il faudrait, selon le président de la commission, arrêter à l’occasion de l’un de leurs séjours en Guinée. Il faut la ferme opposition du commandant Abou Camara, chef d’état major de l’armée, et l’arbitrage en dernier ressort du Président Lansana Conté pour stopper cette manœuvre. « Tu me déçois beaucoup, dira ce dernier, s’adressant à Alhousseini Fofana. Tu ne vois pas qu’en procédant à pareil amalgame, non seulement tu discrédites le CMRN mais tu risques de créer une situation aux conséquences imprévisibles dans le pays ? »
C’est encore le chef de bataillon Alhousseini Fofana, en sa qualité de président de la commission d’enquête qui prononça la célèbre phrase du génocide de l’ethnie malinkée : citations : « Cette fois-ci nous allons exterminer l’ethnie malinkée en Guinée, et si le besoin se fait sentir plus tard nous importerons la semence du Mali. Je vengerai sans pitié mes frères Karim Fofana et Almamy Fofana assassinés au camp boiro. » Fin de citations.
Malheureusement, le tortionnaire vient de s’éteindre après son élévation au grade de Général par le CNDD du Capitaine Moussa Dadis Camara alors que ses victimes sont toujours privées de leurs droits inaliénables avec confiscation de leurs biens.
Il n’aura pas eu le temps d’importer sa fameuse semence des malinkés car il doit désormais répondre de ses crimes devant Dieu.
Le troisième personnage de cette tragédie de la solution finale de l’extermination des malinkés est le Lieutenant Sama Panival Bangoura.
Officier de sécurité (correspondant du régisseur dans l’administration pénitentiaire civile) de la prison tristement célèbre des trente deux (32) escaliers au camp Alpha Yaya Diallo, le Lieutenant Sama Panival Bangoura avait un pouvoir de vie et de mort sur l’ensemble des détenus.
Il pouvait arrêter et conduire en cellule toute personne libérée par les différentes commissions d’enquêtes.
Il organisait ses séances d’interrogatoires à l’issue desquelles toute personne incarcérée pouvait recouvrer sa liberté sans information préalable de la commission nationale d’enquête.
Il exerçait une véritable torture morale sur les détenus avant leur comparution devant la commission d’enquête et lors des interrogatoires musclés.
Il dirigea personnellement la séance de tortures infligées au commissaire de police Lanciné Touré (appelé Kossinè) par ses intimes en service à Coyah au moment des faits.
Le pauvre commissaire fût ligoté comme un fagot de bois, les deux mains liées au dos, reliées aux deux pieds par une autre corde et pendu à une branche de manguier. Sous l’effet des violents coups assenés par les tortionnaires, la corde qui le retenait céda et le malheureux supplicié est venu s’écraser contre le sol, brisant sur le champ son cou. Il succomba à ses blessures quelques minutes plus tard.
Les tortionnaires recevaient des ordres directement du Lieutenant Sama Panival Bangoura.
Avant de quitter les lieux, il s’adressa aux tortionnaires en ces termes : « S’il refuse d’avouer, battez-le. S’il meurt, tant pis pour lui. Nous n’avons de compte à rendre à personne car le Président Lansana Conté vient de déclarer que les droits de l’homme sont faits pour les blancs ».
Le Lieutenant Sama Panival Bangoura avait bien raison car le Commissaire Lansiné Touré mourut sous la torture et ses bourreaux furent félicités.
Le 19 Août 1985, dans la matinée, le Lieutenant Sama Panival Bangoura officier de sécurité de la prison des trente deux (32) escaliers s’est adressé à six (6) détenus en ces termes : « les enquêtes sont terminées. Le Président de la République accepte votre libération en même temps que celle des autres reconnus innocents par la Commission d’enquête. Je vous conseille de lui écrire pour le remercier et lui présenter vos excuses ». Il leur remit des feuilles et des bics. Quelques instants plus tard, il est revenu prendre les correspondances, le reste des feuilles et les bics.
Il s’agit de :
1- Abraham Kabassan Kéita, ingénieur, Chef de bataillon, ancien ministre de l’énergie Konkouré.
2- Abdourahamane Kaba, Chef de bataillon, ancien ministre des Transports.
3- Amadou kouyaté, Capitaine de l’Armée, ancien Secrétaire d’Etat à la présidence chargé de la sécurité.
4- Fodé Sangaré, Capitaine de l’Armée, ancien Commandant du camp Kwamé N’kruma (Km 36).
5- Facély Konaté, Capitaine de l’Armée, ancien préfet de Pita.
6- Mamady Condé, Capitaine de police, ancien Commandant de la Compagnie Mobile d’intervention de la sécurité (anti-gang).
Ces six (6) détenus viennent de signer leur arrêt de mort à travers ces correspondances qui furent présentées à des Chefs d’Etat qui demandaient la clémence en leur faveur comme preuve de leur culpabilité.
En effet, le Général Mathieu Kérékou, Président de la République du Benin et le Général Joao Bernado Nino, Président de la République de Guinée Bissao ont dépêché des missions à Conakry en faveur du Commandant Abraham Kabassan Kéita.
Pour rappel, le Commandant Abraham Kabassan Kéita s’était illustré à la tête du contingent guinéen qui débarqua à Cotonou lors de l’invasion de la capitale du Bénin par les mercenaires du français Bob Denard.
En sa qualité de Gouverneur de Boké, il avait apporté une assistance déterminante aux combattants du PAIGC sous le commandement du Général Nino.
C’est ainsi que dans la même nuit du 19 au 20 Août à 2 heures du matin, ils furent extraits de leurs cellules, embarqués dans un véhicule militaire et conduits devant un peloton d’exécution.
Ils sont tombés dans le piège tendu par le Lieutenant Sama Panival Bangoura malgré les mises en garde des autres détenus.
Pendant son séjour à Kankan et poursuivant avec zèle sa mission d’extermination des malinkés, un commando de l’armée attaqua le domicile du doyen des sages de Kankan (le Soti-kémo).
L’attaque sanglante entraîna la mort de plusieurs sages et des blessés graves parmi les invités à la réunion.
Dans un rapport adressé à la direction nationale du parti, un responsable du RPG de Kankan dénonça le Lieutenant Sama Panival Bangoura comme étant le commanditaire de cette folie meurtrière.
Le Directeur de publication du journal ‘’l’Union’’ fut traîné devant les tribunaux guinéens pour avoir publié un extrait du rapport par le Lieutenant Sama Panival Bangoura.
Désormais, une promotion de l’école militaire de notre pays, celle de 2011 porte le nom de ce génocidaire.
Ce tortionnaire est accusé d’avoir brutalisé les citoyens lors de l’élection présidentielle de 1998 à Conakry, après l’arrestation de Monsieur Alpha Condé, candidat du RPG à ce scrutin. Il s’est distingué également dans la répression contre la population de Mamou aux lendemains des élections communales et communautaires en juin 2000, soit deux mois avant sa mort tragique.
Les survivants et les ayants droits des disparus du génocide du 4 juillet 1985 membres de L’Association des Victimes de la Répression (A.V.R.) disent non :
A toute politique de réconciliation nationale qui honore les bourreaux et ignore les victimes innocentes.
A toute politique de réconciliation qui élève aux grades supérieurs les bourreaux et ignore la réhabilitation des innocentes victimes assassinées à titre posthume et le rétablissement des survivants dans leurs droits inaliénables confisqués depuis le 4 Juillet 1985.
A toute politique de réconciliation nationale qui ignore la restitution des biens illégalement confisqués et détournés des victimes par les bourreaux du CMRN et leurs complices.
Les victimes du 4 Juillet 1985, dans le souci de contribuer à la recherche des voies et moyens pour une véritable réconciliation nationale sont disposées à apporter leur modeste contribution à toute structure basée sur le dialogue, la vérité et la justice.
La réconciliation ne signifie pas l’impunité.
Vive la vérité
Vive la justice
Vive la réconciliation nationale
Vive la Guinée une et indivisible.
Conakry, le 10 Septembre 2011

Pour le Bureau Exécutif
Le Secrétaire à l’Information


Ibrahima Sory Dioumessi
Tél. 60 59 17 75/64 28 11 90

 
 

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